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Autiste, qu’est ce que ça veut dire?

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Josef, en lisant ton livre, on ne peut pas s’empêcher de t’aimer, de te trouver tellement gentil, tellement simple, tellement pareil que nous que chaque ligne va droit au coeur. C’est l’histoire d’un petit garçon qui n’était pas tout à fait comme les autres. Il a su lire avant de savoir parler. la belle affaire? Quoi de mieux que la lecture? Il s’intéressait à des choses qui n’étaient pas de son âge, la dynastie des mings ou le nom des étoiles, et moi qui suis maman, je le dis sans détours, rien de plus nul et inintéressant que tchoupi ou ces débiles histoires de princesses niaises. Il adorait Jules Verne à un âge où là encore la diktat dit qu’il faut regarder Walt Disney.

Pour cette raison, et parce qu’il dérangeait tout le monde à ne pas être un enfant qui accepte de rentrer dans le moule et s’y sent bien, et bien, Josef a vécu un enfer, sur lequel il s’exprime avec pudeur. C’est l’enfer des psychiatres, c’est l’enfer des protocoles de neuroleptiques qui tuent les gens, parce qu’ils sont différents. On pose un diagnostic. attention, parce que maintenant, il va falloir rentrer dedans et bien cadrer avec. Or, souvent les psychiatres sont spécialistes d’un problème mental qu’ils trouvent, qu’ils rencontrent, comme par magie chez beaucoup de leurs patients. Alors Josef a été schizophrène, bipolaire sans doute, neuromaniaque si ça pouvait exister, Josef a vécu des destructions de sa personnalité, plus que des remises en cause, des mises à bas, des mises à néant. Le tuer aurait été plus confortable. Zut, il a survécu et horreur il a su dire non. Glenn Gould était problème aussi une sorte d’autiste, sans parler de Van Gogh, sans parler d’êtres qui n’ont pas laissé leur nom dans l’histoire mais qui ont mené une vie extraordinaire et silencieuse.

Dans mon travail d’astrologue consultante, je suis confrontée à des gens qui sont ou se sentent différents, et ça Josef l’exprime très bien. On est souvent un peu différent mais ça ne se voit pas. Les bouddhistes disent qu’il faut avoir des rituels de vie pour s’en sortir, des rendez vous avec soi-même et Josef explique que lui a besoin de séquences pour se remettre en accord avec lui-même. peut-être que la seule différence entre lui et nous, c’est que lui a l’intelligence de repérer son trajet séquentiel dans ses journées.

regardez, vous êtes mal avec vous-même, mais vous savez que quand vous prenez un bain avec des fleurs d’oranger et qu’ensuite, vous buvez un chocolat chaud en vous mettant sous la couette, ça va mieux. Alors, vous le faîtes. Le soir, quand vous rentrez, vous attrapez la laisse pour sortir le chien, c’est votre moment de liberté pour retourner vos appels de la journée, ensuite en remontant, un point sur les devoirs et les journées des enfants. Zut, et si vous étiez autiste?

Josef explique aussi que certains codes sociaux lui paraissent hallucinants ou pas évidents. Combien de bisous pour se dire bonjour? qui s’embrasse? et pourquoi le téléphone ne serait il pas une agression? pendant des années, je me bloquais une journée par semaine de téléphone et j’appelais à la suite les gens en les cochant sur une liste, pendant des années, ça a été on peut le dire une corvée, non pas que je n’aimais pas les gens, juste je n’aimais pas téléphoner, c’était une épreuve et aussi une perte de temps. Comme pour Josef, c’est le mail qui m’a libérée le téléphone. Grâce aux mails, j’ai eu envie d’appeler des gens et c’est devenu plus doux. Voilà, j’ai une lune noire et un stellium de planètes en maison trois, en tant qu’astrologue, je vous dirai que la communication sera toujours compliquée pour moi. Kierkegaard changeait de nom à chacun de ses livres, il a écrit plusieurs ouvrages sur les vertus de la communication indirecte et sur toutes les manières de la pratique. Pas mal en 1850… Tiens encore un autiste? Et que se serait il passé si on lui avait donné des neuroleptiques? Aurait il eu la force magnifique de Josef de s’en sortir et de croire en lui?

Ma thèse sur le sujet, c’est que dès que quelqu’un est différent, exceptionnel, non commun, alors, on lâche les chiens de la bonne société pensante sur lui. Moi je vois des dogmes et une société hyper sectaire partout.

Tout est cadré, vous savez ce que vous devez penser, vivre et être pour être dans la norme. Autrement, et bien autrement vous avez un problème. Les normes changent, mais elles changent d’une manière unilatérale et juste comme par mouvement de mode.

Forcément maman donc sensible aux enfants. L’éducation suit la norme sociale actuelle. on n’est pas dans le credo, on est dans la secte pure et dure. L’enfant est évalué, étiquetté et attention, il faut rester dans la norme. L’école, c’est bien, on y apprend à vivre ensemble.

YES et si on n’a pas envie de vivre ensemble? si on a envie de découvrir le monde? Le groupe, le collectif est important? et pourquoi on n’aurait pas envie d’être unique? En France, l’ambition c’est mal ! Vous voulez être exceptionnel, vous êtes méchant. Et pourtant, c’est la seule façon d’être heureux. Parce que pour être heureux, il faut être unique. 

Oui, bien sûr, Josef a peut-être eu envie d’avoir des amis sans savoir bien comment faire. Mais peut-être aussi qu’il s’ennuyait avec la masse des enfants, des ado censés être ses amis désignés, peut-être qu’il était exceptionnel. En France, on ne valorise pas l’exception, on la stigmatise. On a peur des enfants qui veulent apprendre, comme à l’époque soviétique, comme sous Nicolas II, choisir le programme des universités en fonction de ce qui ne donne pas d’idées subversives. L’école est en train de désapprendre à écrire et à lire aux enfants. on colle, on découpe, on malaxe la pâte à modeler, on n’apprend plus rien par coeur. Josef savait par coeur des dizaines de pages, alors là, c’est un crime puisque personne d’autre n’en est capable, c’est bel et bien que c’est un fou. Ou que ses parents méritent la prison.

Josef, tu as eu le courage de t’en sortir dans une société folle de sa puissance et de sa grandeur, folle de ses critères et de ses certitudes. merci de l’avoir fait pour toi et pour les autres. Merci de dire à voix haute ce que beaucoup d’entre nous pensent à voix basse. Peut-être que dans cent ans, tous les individus qui auront une valeur seront étiquettés autiste comme toi. Peut-être que nous serons dans un monde où on prendra les gens comme et pour ce qu’ils sont sans chercher à les normaliser, mais juste en partant d’eux et en adaptant le monde extérieur…

 

 

1 juin, 2014 à 10:40


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